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Chez moy, je me destourne un
peu plus
souvent à ma librairie, d'où, tout d'une main, je
commande
mon mesnage [...] Elle est au troisiesme estage d'une tour. Le premier, c'est ma chapelle, le second une chambre et sa suitte, où je me couche souvent, pour estre seul. Au dessus, elle a une grande garderobe. C'estoit au temps passé, le lieu plus inutile de ma maison. Je passe là et la plus part des jours de ma vie, et la plus part des heures du jour. Je n'y suis jamais la nuict. [...] La figure en est ronde, et n'a de plat, que ce qu'il faut à ma table et à mon siege : et vient m'offrant en se courbant, d'une veuë, tous mes livres, rengez sur des pulpitres à cinq degrez tout à l'environ. Elle a trois veuës de riche et libre prospect, et seize pas de vuide en diametre. En hyver j'y suis moins continuellement : car ma maison est juchee sur un tertre, comme dit son nom : et n'a point de piece plus eventee que cette cy : qui me plaist d'estre un peu penible et à l'esquart, tant pour le fruit de l'exercice, que pour reculer de moy la presse. C'est là mon siege. Montaigne, Essais, III, 3 |
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| La visite de la fameuse « tour » est un moment très émouvant pour tous les lecteurs, et « amis » de Montaigne, en particulier lorsqu'on pénètre dans la « librairie » et qu'on découvre les poutres où sont gravées les « sentences » chères à l'auteur des Essais. | ![]() |
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La « tour » de Montaigne se situe
entre Sainte-Foy-La-Grande
et Saint-Emilion, en descendant la Dordogne. |